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Des ambitions à revoir à la hausse

Les principes fondamentaux que sont la transparence, la redevabilité et l’engagement citoyen sont désormais reconnus comme primordiaux pour un développement plus efficace et ils occupent une place dans les discussions actuelles sur l’Agenda du développement post-2015 et dans les appels au lancement d’une révolution des données.

Alors que la communauté internationale réfléchit aux objectifs pour le développement durable, il est important de faire le point sur les progrès accomplis à ce jour, et plus particulièrement sur les engagements qui ont été pris et les enseignements à en tirer.

Lors de la première Réunion de haut niveau du Partenariat mondial pour une coopération efficace au service du développement organisée au Mexique en 2014, les bailleurs de fonds ont réaffirmé leurs engagements passés, à savoir publier des informations selon une norme commune et ouverte, en intégrant l’Initiative internationale pour la transparence de l’aide (IITA, IATI en anglais), d’ici la fin 2015. Alors que cette échéance approche à grands pas, nous nous trouvons à un stade crucial pour la promotion de la transparence de l’aide. La communauté des bailleurs de fonds doit de toute urgence redoubler d’efforts et, collectivement, revoir ses ambitions à la hausse afin de concrétiser  ces engagements au cours des 14 prochains mois.

Si des progrès significatifs ont été réalisés au tout début du mouvement en faveur de la transparence de l’aide, les bailleurs de fonds s’étant engagés à partager les informations sur leurs activités d’aide de manière exhaustive, comparable, accessible et dans un temps utile en publiant ces données conformément à la norme IITA, les résultats de l’Indice de transparence de l’aide (ITA) de 2014 indiquent que la mise en œuvre reste lente et inégale.

Résultats pour 2014

Les résultats de l’ITA pour 2014 sont conformes aux tendances observées lors des années précédentes. Certaines organisations font partie d’un groupe de tête qui améliore de manière significative et continue les informations qu’elles publient sur les activités d’aide en cours – et de nombreuses autres ont pris des mesures pour améliorer leurs publications en 2014 –, mais la majorité d’entre elles n’ont pas réalisé de progrès considérables et restent à la traîne. L’agence en tête du classement est le Programme pour le développement des Nations Unies (91 %), suivie par le meilleur élève du classement 2012, à savoir le Department for International Development britannique (89 %), et la Millennium Challenge Corporation (87 %), qui a, quant à elle, occupé la première place en 2013. Tout comme en 2013, la Chine se classe dernière. L’écart se creuse entre les organisations au sommet du classement et les organisations en queue de peloton. Enfin, le score moyen pour toutes les organisations reste décevant, à 39 %.

Dans cette course vers le sommet du classement, certaines organisations qui affichaient déjà une excellente performance d’après l’ITA de 2013 font encore mieux en 2014. Citons notamment la Banque africaine de développement ; la Banque asiatique de développement ; le Canada ; trois agences de la CE – les Directions générales Élargissement et Coopération au développement, et le Service des instruments de politique étrangère – ; le Fonds mondial ; la Banque interaméricaine de développement ; la Suède ; l’UNICEF ; et l’Association internationale de développement de la Banque mondiale. D’importantes améliorations ont également été réalisées par la Finlande ; le ministère français des Affaires étrangères et du Développement international ; la Fondation Gates ; le President’s Emergency Plan for AIDS Relief (États-Unis) ; l’Espagne et la Suisse – qui ont toutes deux publié des informations concernant leurs activités en cours dans le registre de l’IITA, passant ainsi devant d’autres entités qui n’ont pas autant accru la quantité d’informations qu’elles publient ou leur accessibilité. Il convient donc de faire l’éloge de toutes ces organisations pour les efforts qu’elles ont consentis.

Certains progrès importants ont aussi été réalisés par l’Irlande, l’Agence japonaise pour la coopération internationale, la Corée et le Département d’État des États-Unis – autant d’entités qui ont réalisé un premier pas vers la mise à disposition d’informations dans un format exploitable, par exemple IATI XML ou CSV. Ces organisations doivent désormais chercher à améliorer l’exhaustivité de leur information sur l’aide d’ici décembre 2015.

Plus de la moitié des organisations évaluées affichent une performance médiocre, obtenant un score inférieur à 40 %. Près du tiers des organisations comprises dans l’ITA de 2014 (22 sur 68) occupent la catégorie « très médiocre ». Nombre d’entre elles n’ont pas encore adopté une approche systématique pour publier l’information sur leurs activités de développement. Une grande partie de l’information disponible est disséminée sur différents sites Internet et il est difficile d’avoir une vision cohérente des données descriptives, financières et de performance touchant aux activités individuelles, ce qui fait que les informations sont difficilement exploitables. Cela signifie qu’il reste encore beaucoup à faire avant que l’on puisse avoir une vision globale de toute l’aide au développement, sans laquelle on aura du mal à assurer l’efficacité de l’aide et une meilleure coordination des bailleurs de fonds.

Le groupe des organisations multilatérales obtient de meilleurs résultats que tout autre type d’organisations donatrices, 11 d’entre elles (sur 17) se classant dans les catégories « très bien » ou « bien ». Sur les 50 organisations bilatérales incluses dans l’Indice, 22 publient désormais des informations dans le registre de l’IITA, contre 15 en 2013. Bien que certaines organisations bilatérales aient réalisé quelques progrès et qu’une poignée d’entre elles affichent une très bonne performance, la majorité se trouvent dans les catégories « médiocre » et « très médiocre ».

Partager les meilleures pratiques en matière d’utilisation des données

Plusieurs organisations se servent désormais de plateformes de données ouvertes alimentées par les données IITA ; la publication de données brutes a donc évolué pour permettre aujourd’hui une visualisation exploitable des données. Les Pays-Bas utilisent leurs propres informations pour les besoins de leur gestion et de leur reporting internes et collaborent avec deux de leurs organisations partenaires qui publient elles-mêmes leurs données dans le registre de l’IITA afin d’encourager les échanges et l’apprentissage, l’objectif à plus long terme étant d’inclure des données ouvertes à tous les niveaux des chaînes d’approvisionnement. Des études pilotes sur l’utilisation des données dans les pays et des travaux qui relient les différentes initiatives d’aide au développement aux budgets des pays destinataires via l’identificateur de budget de l’IITA sont très prometteurs et devraient permettre d’exploiter tout le potentiel de l’IITA. Cependant, ces démarches risquent d’être mises à mal par les bailleurs de fonds qui ne tiennent pas leurs engagements. Pour réaliser le potentiel transformateur des données ouvertes à travers l’amélioration de l’efficacité du développement, la communauté des bailleurs de fonds se doit d’œuvrer ensemble afin de faire avancer l’action collective sur la transparence de l’aide et de tirer des enseignements des meilleures pratiques relatives à l’utilisation des données.

Conclusions et recommandations

Conclusion A : Il existe une véritable course vers le sommet du classement, mais la majorité des organisations sont à la traîne par rapport à leurs engagements internationaux.

  • Des organisations de premier plan publient de grandes quantités d’informations accessibles, comparables et opportunes sur leurs activités. Elles consentent des efforts permanents pour améliorer l’exhaustivité et la qualité de leurs informations sur l’aide, ce qui montre un réel engagement à l’égard de la transparence de l’aide. .
  • De nombreux bailleurs de fonds tardent à consentir des efforts et n’ont guère progressé depuis Busan. Ces organisations courent véritablement le risque de ne pas remplir leurs engagements vis-à-vis de la transparence de l’aide avant l’échéance de 2015.
  • Il reste encore beaucoup à faire avant que l’on ait une vision globale de toute l’aide au développement, sans laquelle on aura du mal à assurer l’efficacité de l’aide et une meilleure coordination des bailleurs de fonds..

Conclusion B : La publication comparable, exhaustive et opportune d’informations étant insuffisante, il reste difficile d’accéder à l’information sur la coopération pour le développement et de l’exploiter.

  • Il est extrêmement difficile de trouver des données détaillées et ventilées sur les activités de développement financées par la majorité des organisations évaluées. Lorsque l’information est disponible, elle est disséminée à travers plusieurs sites Internet difficiles d’utilisation ou enfouie dans des fichiers PDF.
  • Bien que certaines organisations aient commencé à publier leur information dans des formats plus comparables, elle n’est pas toujours actualisée ou exhaustive. Si elle n’est pas publiée de manière cohérente et en temps opportun, l’information reste difficile à exploiter.
  • L’information requise à des fins de planification et d’apprentissage est trop rarement publiée ; cela concerne plus particulièrement l’information sur les résultats, la localisation à l’échelon régional, les budgets prévisionnels et les études d’impact.

Conclusion C : Les progrès sont possibles à condition de faire preuve d’une volonté politique.

  • D’après les tendances actuelles, la communauté internationale des bailleurs de fonds ne parviendra pas à remplir les engagements pris à Busan, mais un tel échec peut être évité. Les résultats de l’Indice démontrent en effet la capacité des donateurs à transformer rapidement leur performance à condition de faire preuve d’une réelle volonté politique et technique.
  • Certaines des organisations qui ont obtenu les meilleurs résultats ou qui se sont le plus améliorées en 2014, dont la BAD, la MCC, PEPFAR et l’UNICEF. Ils ont publié des séries de données exhaustives dans un laps de temps relativement court.
  • Les organisations de tailles et de types divers, dont les organisations bilatérales, les IFI, les organisations multilatérales, les organisations humanitaires, les fondations privées et les fonds verticaux, sont capables d’afficher de bons résultats et de s’améliorer d’année en année – il n’existe pas de type particulier d’organisation qui ne puisse pas tenir ses engagements.

Recommandation A : Les bailleurs de fonds doivent œuvrer ensemble pour donner une vision globale des flux de l’aide au développement.

  • Les bailleurs de fonds qui accusent du retard par rapport aux engagements devraient être tenus de rendre compte de leurs actes et ainsi veiller à ne pas nuire aux progrès réalisés par les organisations de premier plan en matière d’action collective et d’investissements.
  • Les organisations devraient se concerter pour adopter une stratégie durable propice au partage des meilleures pratiques sur les approches en matière de publication et les solutions à apporter aux difficultés les plus fréquentes.
  • Tous les bailleurs de fonds devraient s’assurer que la transparence et des données ouvertes font partie intégrante de l’agenda post-2015 et partager les enseignements tirés de l’agenda dédié à l’efficacité du développement.

Recommandation B : Les organisations devraient améliorer la qualité de leurs publications et en promouvoir l’exploitation.

  • Toutes les organisations devraient s’assurer que leurs informations sur le développement sont publiées de manière opportune, comparable, exhaustive et accessible. Les données financières devraient être complétées par des données descriptives et évaluatives, dont des résultats, des localisations et des documents de projets afin d’améliorer leur utilité.
  • Toutes les organisations qui publient des informations dans le registre de l’IITA devraient commencer à utiliser les données pour les besoins de leur propre gestion interne ainsi que pour identifier les lacunes et y remédier.
  • Les organisations qui disposent de données exhaustives et de bonne qualité devraient en encourager l’exploitation par d’autres entités, notamment les gouvernements destinataires et la société civile, et partager les enseignements avec la communauté de l’aide au développement en général.

Recommandation C : L’échéance approche à grands pas – toutes les organisations doivent tenir leurs engagements à l’égard de la transparence de l’aide d’ici la fin 20155.

  • Les organisations qui sont à la traîne par rapport à leurs engagements devraient immédiatement prendre des mesures et commencer la mise en œuvre de la stratégie dès 2014.
  • Les systèmes de gestion de l’information des organisations devraient être améliorés par la collecte d’informations plus nombreuses et de meilleure qualité dans des formats structurés. L’intégration de l’IITA dans les systèmes de gestion de l’information et l’automatisation des publications feront qu’il sera plus facile de « publier une seule fois et d’utiliser souvent ».
  • Toutes les organisations devraient rendre leurs plans publics et publier leurs calendriers de mise en œuvre en indiquant les échéances et les objectifs de prestation spécifiques. Elles devraient débattre de leurs priorités et de leurs stratégies avec les utilisateurs potentiels de l’information.